Comptes-rendus des sorties 2024

Bien rentrées et heureuses de notre périple sur le Cher, en amont et aval du Château de Chenonceau
27 juillet - 02 août 2024

En bref

  • Navigation :
    4 femmes : Marie-Hélène, Thérèse-Anne, Bernadette, Marie
    5.5 jours et 125 km de navigation, de Mennetou-sur-Cher à Savonnières ()
    5 bivouacs et 1 camping, en tente et sur-sacs
    28 à 35°C secs et un orage avec grêlons
    Volume d’eau exceptionnel : >100 m3/s ()
    16 barrages : 5 barrages ouverts et franchissables, 1 passe à poissons, 2 glissières… et 7 portages (dont 2 inutiles et 2 imprévus) (
    )

  • Route :
    714 km au total, sans autoroute jusqu’à Angers
    Détour de 20 km au total pour pneu crevé
    Navette : 114 km et 5h30, en auto-stop + train

  • Coût :
    Transport : 56 € / pers.
    Autres (bouffe, camping, péages) : 70 € / pers.
    Total : 126 € /personne

  • Routines :
    de soirée : débarquement, hissage des kayaks sur la berge haute, moustiques, installation, bain, cuisine, dîner, causeries, météo, coucher de soleil, coassements, dodo.
    matinale : lever, bain, petit-déjeuner, causeries, météo, rangement, chargement, point rando du jour, échauffements, embarquement.

  • Déboires :
    1 pneu de remorque éclaté
    1 poignée de portage du miwock cassée

(*) le départ ne se fera pas de la plage en amont de l’île Marie de Vierzon, le barrage de Châtres-sur-Cher étant en travaux et la navigation interdite.
L’arrivée ne se fera pas sur la Loire. Si le Cher se jette dans la Loire à 6 km, mais un rapide empêche le franchissement vers la confluence.

(**) sans ce volume d’eau, le franchissement des barrages est impossible, les aiguilles étant installées. Les barrages avec portage obligatoire pour nous seront à Chisseau, à Civray, et Stade d’eau vive de Tours…
Bref, reconnaître avant d’y passer !!

(***) A savoir : la réglementation locale interdit l’éclusage des kayaks et canoës, même de location. Seuls les bateaux à moteur sont éclusés. Donc portages pour nous…

En photos
(copier-coller le lien ci-dessous)
https://drive.proton.me/u/1/p_APZeRR27-MxRns_seR8HWXP-5Pdj_JRXsZIk78Q0KoYbvCDQWrEC3a8k4gXjmDLoTueg_XrAtC7O6zpV-aVg==/folder/loFzI3_myRVRWT5jGgucrGJFr2zMoSOr5nCFHhFlKU5hvPzjuI7-qw1nEC6OEhIJxD9RRbnK7CTY9JvzHjWiOA==?r=/p_APZeRR27-MxRns_seR8HWXP-5Pdj_JRXsZIk78Q0KoYbvCDQWrEC3a8k4gXjmDLoTueg_XrAtC7O6zpV-aVg==/folder/UbkAMo3J_CoEjTm7nrdjNtWGEZESEHCVJAg_86kWW-hoYegcKdeqyk0JxyLU2Kg7E7d2UJL-cQBpt20t58FVng==

Et en détails

Samedi 27 juillet : 14 km
Départ club 8.45. avec le camion de Thérèse-Anne et la petite remorque de TEV, direction Mennetou-sur-Cher. Sur la route, un bruit nous alerte 5’ avant de quitter l’autoroute à Romorantin : un pneu de la remorque est littéralement déchiqueté!.. mais sans aucun autre dommage! Appel assurance, dépanneur, 30’ d’attente, et redémarrage, direction un garage au plus près. On commande un pneu que l’on récupérera au retour.
Arrivée Mennetou-sur-Cher, petit village médiéval, à 16.45, avec 2h de retard sur le planning, sur une jolie plage d’herbe, avec guinguette et rassemblement de vieilles voitures. Chargement. Camion parqué sur l’aire de camping-cars gratuite, remorque cadenassée à un arbre. Une petite gare à 10’ à pieds pourra faire l’affaire au retour.
Embarquement dans un volume de 100m3 d’eau !! Le niveau habituel en cette saison est plutôt de 25m3! Le courant est fort, la rivière est modérément large, agrémentée de nombreux oiseaux, bordée d’arbres majestueux, parfois couverte de plantes aquatiques. Nous saluons en passant des raveurs en préparation… qui nous berceront de loin le soir! Les moustiques nous attendent dès notre premier bivouac, après Villefranche-sur-Cher, et ne nous lâcheront plus ! Même chose pour les grenouilles!

Dimanche 28 juillet : 33 km
Lever 8.00, motivées par un vol de cygnes au-dessus de nos têtes. Départ sous le soleil. Un jeune chevreuil vient nous dire au-revoir, et un festival de vols de hérons, aigrettes, cormorans, marins-pêcheurs, cygnes, hirondelles, cigogne noire, pigeons, commence et nous poursuivra toute la journée.
Stop à Selles-sur-Cher pour café, eau, poubelles, château… et fromage local ! Les autochtones sont vraiment gentils. Nous rembarquons pour 2h de nav’, le florilège de vols en tous genres reprend. Bivouac juste avant Saint-Aignan, en bordure du GR. Les berges sont hautes, pas facile de hisser nos kayaks chargés. Quelle jeunesse ! «Les berges sont grasses», et Bernadette glisse et plonge jusqu’aux aisselles ! Mais un couple d’anges passe sur ce GR, nous offre un coup de main… et de l’anti-moustique !!! Au dîner, les fromages sont délicieux… et ça se voit !!.. Même s’il y a bien eu un «un p’tit rouge pour accompagner, ce serait pas mal», on fait sans alcool chaque année, accord de principe pour ne pas gâcher et finalement pas indispensable! :wink:
Nous apprenons que Camille Prigent (nièce de Bernadette) est 6 e en Slalom aux J.O. ! Bravo Camille !!

Lundi 29 juillet : 23 km
Dès l’embarquement matinal, le florilège d’oiseaux reprend pour notre plus grand plaisir.
Saint-Aignan est accueillante aux kayakistes : une glissière est signalée rive droite avant le pont, vers un bras contournant une île. Magnifique vue sur la collégiale. En aval, les rives sablonneuses droites et gauches pourraient accueillir de prochain bivouacs !
Nous abordons la partie du Cher canalisé, et environ 1 km avant Mareuil-sur-Cher, nous affrontons sans joie un premier barrage, dont nous n’avions pas eu l’info. Mais en regardant bien la carte, un tout petit trait bleu en travers de la rivière nous saute soudainement aux yeux! Des panneaux indiquent clairement : débarquement obligatoire ! Effectivement un gros rappel ne nous laisse pas le choix : nous devons monter avec nos kayaks un joli escalier en pierre, bien raide, d’une douzaine de marches ! La corde 10 mm va nous être très utile ! Le jeune couple éclusier nous offre de nous ravitailler en eau. La manip’ nous a pris presque 1h ! Embarquement par un même escalier plongeant, pour 10’ de nav’. Stop immédiat pour pic-nic et sieste bien mérités ! Des «praires» de rivière tapissent le sable. Le thermomètre monte : 35°C !
Nous reprenons nos pagaies… Un pont !? Quel pont ? Il n’est pas mentionné sur notre carte IGN !! Mais en la regardant de plus près, on y voit une autoroute en pontillé avec la mention «A85 ouverture prévue… en 2004» !! No comments. Tout rentre dans l’ordre. :slight_smile:)
Environ 2 km après Mareuil-sur-Cher, nous reprérons un nouveau petit trait bleu sur la carte, prudence ! Aucun panneau ne nous prévient… d’un barrage ! On va reconnaitre : beau train de vagues. On passe en kayak. Bravo à toutes!
Belle église à Thésée en rive droite. Nouveau trait bleu sur la carte, 1 km plus loin… et aucune signalisation ! Reconnaissance du barrage, train de vagues plus conséquent, beau passage, bravo !
Nous longeons la ligne de chemin de fer qui nous ramènera au camion, et Bourré, avec ses maisons troglodytiques. 500 m avant le pont, un barrage est annoncé. Reconnaissance : deux belles vagues longues et lisses nous motivent. Mais à l’écluse, deux pêcheurs nous alertent de «barres métalliques au fond de l’eau qui peuvent être dangereuses : c’est un barrage à aiguilles (cf “Bonus Culturel”). Et ce sera le même type de pont à Montrichard.». Dépitées mais avec raison, nous portons… Toujours ces mêmes escaliers plongeant bien raides… :frowning:
Arrivées à Montrichard, après l’école de voile et plage en rive gauche, et après le pont, un panneau annonce un nouveau barrage et portage obligatoire… quelque peu aménagé : des rondins de bois font office de tapis roulant d’une extrêmité à l’autre de l’écluse.
Epuisées de notre journée… Bivouac immédiat en rive gauche, très confortable. Très belle soirée, entre coucher de soleil coloré et envol de montgolfières à 300 m de nous, derrière les arbres.

Mardi 30 juillet : 24 km
Grasse matinée nécessaire après notre rude journée de la veille ! Départ 11.30 ! Objectif du jour : Château de Chenonceau. Nous passons sous l’arche d’une première tourelle au milieu de la rivière, puis arrivons au barrage de Chisseau. Pas d’escaliers, mais une cale ! Nous sommes en territoire touristique, des chariots sont à disposition des canoeistes pour le portage, ouf !
Deux jeunes familles de manouches sont installées là, dans des roulottes traditionnelles. Les hommes font boire leurs chevaux près de nos kayaks, les femmes se ravitaillent en eau et se lavent sur la berge… Marie-Hélène en profite pour y faire… un shampooing! Et les enfants nous donnent un coup de main pour porter nos kayaks ! Marie leur achète deux fleurs sculptées en rotin.
On embarque avec la perspective proche du Château de Chennonceau. Tours et détours pendant 2h dans les douves et sous les arches du château, pic-nic en rive gauche. Quelle idée, cette construction grandiose et élégante sur une rivière ! On apprendra que pendant la 2nde guerre mondiale, en rive droite c’était la France nazie et en rive gauche c’était la France Libre. Départ vers 17h, trop tard pour une visite…
Le barrage de Civray-en-Touraine nous avait été bien annoncé aussi par le gérant du camping-location de canoës de ce barrage. Kayakiste lui-même, il nous confirme qu’il était effectivement tout à fait possible de franchir hier les deux derniers barrages, non istallés encore. Mais quand on ne connaît pas le fonctionnement des barrages à aiguilles, mieux vaut être prudent ! Par contre, il nous apprend que le barrage de Larçay vient d’être monté :frowning: .
Bref, pour l’heure, une passe à poissons en cinq seuils, en rive gauche, permet non seulement aux poissons de remonter la rivière, mais aussi aux kayakistes de contourner le barrage. Exercice de lecture de rivière pour toutes en reconnaissance, puis franchissement impeccable !
Depuis ce matin, un orage est annoncé pour 19h. Nous nous arrêtons au camping à l’entrée de Bléré en rive gauche dès 18.00. Le temps de monter les kayaks, et c’est la douche soudaine, la tempête, des grêlons de 3 cm de diamètre ! 1h plus tard, le calme revient, bain, dîner, bercement des grenouilles. Les éclairs seront continus toute la nuit au nord du camping.

Mercredi 31 juillet : 13 km
La fatigue se fait sentir, départ 11.00 sous un ciel bleu. Nous traversons la rivière pour porter au barrage de Bléré, en rive droite. Toujours ces berges hautes et ces escaliers raides ! Puis nous apercevons le barrage de Vallet près de l’aérodrome, qui n’est pas monté ! Franchissement sans problème.
A Nitray, le barrage se présente de façon inhabituelle à gauche, un moulin se trouvant sur la rive droite. Après reconnaissance, nous franchissons sans danger la longue vague lisse, au-dessus des tabliers métalliques (passerelles) rabaissés au fond du lit. Nous retrouvons nos fidèles hérons, aigrettes, cygnes, pigeons, martins-pécheurs etc., cela nous redonne du baume au cœur… même si le courant a beaucoup perdu de sa vitesse. Pic-nique en rive droite, un pêcheur vient aussi s’y installer. Il nous fait remarquer que le niveau du Cher monte, 10 cm en 1/2h. Mauvais signe pour nous : un barrage en aval a dû être monté…
Nous repartons, et… apercevons le barrage de Veretz, visiblement monté, les aiguilles dépassent ! Débarquement imprévu. Le pêcheur avait malheureusement raison. Toujours ces berges hautes avec ces escaliers raides ! :frowning: .
Orage et grêle sont de nouveau annoncés pour 15h, mais rien n’en est. Mais impressionnées par l’effet soudain de la veille, et après quelque débat, nous décidons de nous mettre à l’abri dès 16.00 à la maison éclusière. Rencontre avec le jeune barragiste-éclusier, qui nous instruit… et nous annonce qu’il vient juste de monter ce barrage le matin ! Dommage pour nous ! Bain, dîner sous un ciel bleu… entourées de chenilles noires mangeuses d’orties, futurs papillons paon-du-jour, dont on ne voudra pas dans nos duvets ! Thérèse-Anne et Marie déplacent leurs sur-sacs ! Coucher de soleil sur la rivière… et premières sternes dans le ciel.

Jeudi 01 août : 18 km
Le ciel est couvert, le thermomètre descend à 28°C. Le barragiste-éclusier part installer un barrage en amont. Ouf, on est passé ! Nous reprenons notre rythme, départ 10.00. Orages annoncés à 14.00, 17.00, 20.00.
Toutes la journée, nous longeons d’impressionnantes batisses richissimes surplombant le Cher. Nous débarquons au barrage de Larçay comme prévu. Toujours ces berges hautes et ses escaliers raides ! La fatigue et la lassitude laissent paraître. Première toue (type de gabarre, bateau traditionnel local qui navigue sur la Loire et ses affluents) amarrée là. Pic-nique rive gauche sur une petite plage de sable et terre, «pas grasse» !
Stop rapide à la base nautique de Tours en rive droite pour confirmer nos renseignements : double pont, puis débarquement au stade d’eaux vives. Le dernier !!.. et pas des moindres ! De jeunes ados baigneurs nous proposent leur aide. L’occasion pour eux de mesurer leurs forces ! :wink: Manip’ la plus rapide pour le plus long portage ! Merci !
Très rapidement, nous retrouvons le Cher sauvage, ses méandres, ses arbres majestueux, ses îlots, ses cygnes, aigrettes, hérons, sternes. Mouettes et goëlands font leur apparition! Et le courant n’est plus !
Le vieux Grand Moulin de Ballan-Miré en tuffeau (pierre locale), délabré mais de grande allure, se présente en rive gauche. Après reconnaissance, nous passons par la «passe mixte» en rive droite. Sans problème, bravo ! De nombreuses toues se promènent. A 18.00, des bivouacs se présentent, mais nous décidons d’aller jusqu’à Savonnières, à 1h de navigation, pour y dormir et prendre le train retour.
Que neni ! Nombreux touristes pour le marché des saveurs, camping plein et inaccessible en kayak, feu d’artifice le soir… et rencontre avec les Bateliers du Cher, très actifs dans le paysage local ligérien, dans la remise en état des toues et gabarres diverses et variées (transport de sable, de marchandises, bac pour la maréchaussée à cheval…). Nous décidons de faire demi-tour pour trouver un bivouac, plutôt que de descendre la passe à poissons en rive droite en aval du village et s’aventurer sur la plage ou plus bas. Nous rentrons demain !
Encore une fois, la berge est haute et «grasse», mais nous trouvons un petit coin très agréable. En hissant le miwock, la poignée de portage rompt !! Il est temps d’arriver… Bain, dîner type «j’y-fous-tout» parfait, coucher de soleil, feu d’artifice… et farniente jusqu’au retour en camion le lendemain !

Vendredi 02 août : 0 km
Grasse matinée, navette en auto-stop + train Tours-Villefranche + auto-stop pour Marie… sans oublier le détour pour récupérer le pneu changé !
Dernier bain, chargement, départ 17.15. Arrivée club 19.45, sans encombres cette fois.

Merci et bravo à toutes pour cette belle aventure, parfois éprouvante, mais toujours riche ! Quelle jeunesse !!
A l’année prochaine !


Bonus culturel
(copier-coller le lien ci-dessous)
https://drive.proton.me/u/1/p_APZeRR27-MxRns_seR8HWXP-5Pdj_JRXsZIk78Q0KoYbvCDQWrEC3a8k4gXjmDLoTueg_XrAtC7O6zpV-aVg==/folder/dVJyIwzdJ_U89NIJTpobMsOEc525OKv8UPXrKt_eTeL8UZ_INhzmwD36KU7uhCcHqsDx6Jo5IYSpI0EZbVvFtQ==?r=/p_APZeRR27-MxRns_seR8HWXP-5Pdj_JRXsZIk78Q0KoYbvCDQWrEC3a8k4gXjmDLoTueg_XrAtC7O6zpV-aVg==/folder/loFzI3_myRVRWT5jGgucrGJFr2zMoSOr5nCFHhFlKU5hvPzjuI7-qw1nEC6OEhIJxD9RRbnK7CTY9JvzHjWiOA==